2026-05-04 Article DNA Premier Tour Interclubs
Télécharger le document pdfArticle de Rémy Sauer sur le premier tour des interclubs 2026 paru dans l'édition du lundi 04 mai 2026 des Dernières Nouvelles d'Alsace.
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Publiée le par Olivier GOUJON
Article de Rémy Sauer paru dans l'édition du lundi 04 mai 2025 des Dernières Nouvelles d'Alsace.
La question s’est posée, notamment dans la bouche de Pascal Bleu, président de l’Entente Grand Mulhouse Athlétisme. « Pourquoi ce premier tour ? On doit être les seuls en France, dans le Grand Est, a encore tenir un premier tour. »
L’interrogation est légitime. La réflexion en cours tend d’ailleurs vers une autre formule, à inventer, juste dans l’optique de préparer ce qui constitue encore le 2e tour et ne serait plus que le seul.
En attendant, personne ne se plaindra de cette belle et riche journée dominicale, portée par l’atmosphère propre à ces interclubs. Personne, sauf les membres du Pays de Colmar Athlétisme qui, hélas, file un bien mauvais coton.
L’entente aux couleurs bariolée fait grise mise et peine à voir. Longtemps le chantre de la compétition au sein du PCA, Jean-Pierre Hoerner avait lancé très tôt : « Quand je pense qu’il n’y a pas si longtemps, nous atteignions 55 000 points. Je ne suis pas sûr qu’on passera les 40 000. »
Après le verdict, bien plus cinglant encore (34 027 misérables points), il a asséné un « Waterloo et Trafalgar réunis » qui résume la journée.
Le PCA se savait plombé d’emblée par 13 bulles, autant de zéros pointés liés au déficit d’athlètes présents. Aucune performance n’est par ailleurs vraiment sortie du lot.
Par la grâce d’un règlement un brin ubuesque dans le Grand Est en N2A, la situation n’est toutefois pas – encore ? – désespérée. En tête de tableau, seul le 2e tour sera pris en compte pour désigner les promus en N1B. Mais parmi les équipes à la traîne, le total des deux tours désignera les deux équipes – sur huit – reléguées en N2B.
Dans deux semaines, à Sarreguemines, le PCA jouera donc à quitte ou double.
Soit il renfloue son effectif et signe un gros total permettant de regarder vers le haut, si bien que ses résultats de ce dimanche passeraient aux oubliettes. Soit il bataillera pour le maintien, et dès lors le retard accumulé serait rédhibitoire.
Pour le reste, la fête fut totale, de la démonstration tout en légèreté de Pauline Stey sur 3 000 m marche au brouhaha des relais 4x400m tout en délire, en passant par le 50 m spécialement dédié aux mascottes de tous les clubs.
Qu’on se le dise, aux visages savamment maquillés s’ajoutent désormais les cheveux teintés aux couleurs des clubs, avec mentions spéciales à l’Entente de Haute Alsace (EHA) et à l’Entente Grand Mulhouse Athlétisme (EGMA).
Sportivement, on a cultivé le paradoxe, sans que ce soit une surprise pour autant. La seule formation du plateau engagée en N2B a signé, et de loin, le meilleur total, face à tous ses adversaires de N2A.
Avec ses 54 549 points, l’Alsace Nord Athlétisme pourrait même tenir la baraque, non pas en N1B, mais en N1A. On ne reviendra pas sur son forfait combiné avec le S2A et assumé il y a deux ans, qui l’a menée à ce niveau et forcée à gravir à nouveau les échelons.
Dans deux semaines à Bischwiller, rien ne peut lui arriver. La promotion en N2A, là aussi au cumul des deux tours, ne peut lui échapper. « On a fait le boulot, apprécie Mathias Lux, papa du sprinter Victor, aux manettes avec le président François Trousset. Sans bulle de surcroît. Une belle journée. »
L’ANA devance ainsi le Strasbourg Agglomération Athlétisme, qui avait acquis la remontée à ses dépens il y a un an. Les 50 716 points vont toutefois bien à Jacques Ehrmann, responsable des troupes.
« Compte tenu de nos trous sur 400 m haies, même deux, sur 110 m haies et 2 000 m steeple, je tablais sur 49 000 points. Dans deux semaines, en les comblant et en changeant avantageusement 25 % de l’équipe, on peut gagner 4 000 points. » Sans pour autant viser ou même accepter une montée éventuelle en N1B.
Comme souvent, sans faire d’histoire, l’Entente de Haute Alsace s’est déjà bien mise à l’abri de possibles frayeurs avec ses 46 099 points. « On fait de bons résultats, sans accrocs, estime le capitaine Dylan Marquilie. Pas d’inquiétude. »
À peine plus de 3 000 unités derrière (42 902), avec trois perfs en moins, l’EGMA a rempli le contrat avec un bilan louable. « On peut être satisfaits, jauge Pascal Bleu. On fait de bonnes choses. » Mais le président sait aussi que la situatition demeure tendue et chaque point gratté à Sarreguemines pourra s’avérer décisif dans la quête du maintien.
En 13’15”91 sur 3 000 m marche, certes à une minute de son record de France en salle sur la distance, Pauline Stey (ANA) a donc ouvert le ban sur un mode international et fait plaisir à tout le monde, admiratif.
« Le retour des Mondiaux de marche par équipes au Brésil ( le 12 avril, NDLR ) a été très compliqué. Je ne suis que sur du foncier, la vitesse est forcément bridée. Je ne suis là que pour le club. »
Ce dernier se félicitait dans la foulée du retour au premier plan de Régis Durrheimer sur 400 m haies (52”94). « Je pense avoir retrouvé mon niveau d’avant. » Après une telle rentrée, ses 52”16 records sont en effet envisageables.
À ses côtés, le spécialiste du 400 m Rayan Bouhouche (EGMA) s’est aéré l’esprit, les haies en plus (54”03). Avec humour. « Sur les quatre dernières, je plane. 400h oui, mais 400 hauteur ! » En 63”32, Lili Schall (ANA) a rappelé qu’elle maîtrisait l’exercice.
Sur le tour de piste, c’est Manuel Saez (EGMA) qui a fait la loi, en 50”51. « Bien mieux que l’an passé à la même époque, à savoir 51”96 ». De quoi vite abaisser ses 49”26.
Les demoiselles de Jean-Marc Ducret (S2A) sont ensuite entrées en scène, avec un gros 56”17 pour Anaïse Meier sur 400 m – « ça vaut 2’03” sur 800 m », s’enthousiasme le coach – et surtout, d’emblée, le record personnel et dès lors celui du Grand Est cadettes de Léa Eid sur 800 m (2’07”98). « J’ai bien aimé, pas de vent, de bonnes sensations », a sobrement commenté l’intéressée. Dans son sillage, l’autre cadette Léa Ritt (2’14”67) et Loane Gasnier (2’15”39) n’avaient pas à rougir.
Le demi-fond s’est poursuivi à l’avenant avec le gros duel inter-ANA sur 1 500 m remporté par Caroline El Himer s’il vous plaît (4’32”97), qui a eu raison de Louna Schuler (4’37”93) dans les 200 derniers mètres.
Dépitée, Jade El Himer, licenciée à Brumath, en N3, n’a pu courir avec sa maman. Trop seule, elle a pourtant quasiment sorti le même chrono (4’33”64).
Chez les hommes, l’ANA et le S2A se sont tiré la bourre, à l’avantage de l’ANA sur 800 m (1’54”66 pour Quentin Perraudin, 1’54”75 pour Matti Jeanblanc), du S2A sur 1 500 m (3’57”11 pour Hugo Ducret, 3’57”56 pour Gaëtan Huck).
Côté sprint, l’AS Strasbourg, en lice en N3, a confirmé sa suprématie avec les 10”82 d’un Tanguy Fleurival aux anges et le 42”15 du 4x100m.
Chez les féminines, Rachel Donkor (12”32 sur 100 m), Rose Erhart (25”95 sur 200 m) et Sixtine Klein (25”58 sur 200 m, proche des 25”22 de Camille Bruckmann) ont mis l’EGMA à l’honneur. Cette dernière s’est logiquement imposée à la hauteur (1,66 m), discipline dans laquelle elle est désormais entraînée par une certaine Mélanie Skotnik ! Les 1,95 m de Baptiste Duthilleul (EHA) sont du même tonneau.
Sur 100 m haies, les appréciables 14”30 de Jeynaël Grangenois (S2A) - avant ses 5,45 m à la longueur – et 14”52 de la cadette Clara Kistler (ANA) sur des obstacles plus hauts que d’habitude pour elle, ont suscité la moue de leurs autrices. Ce qui en dit long sur leurs ambitions.
Avant les toujours spectaculaires épreuves de steeple, une grande première côté féminin avec un gros 6’58”20 sur 2 000 m pour Auriana Coletti, la Suissesse de l’ANA, et les relais, le 3 000 m était particulièrement attendu.
Les sorties en Alsace de Gaston Rohmer, sous les couleurs du Vendenheim Athlétisme (N3), sont tellement rares. Flanqué de Paul Helmer (ANA) et Eliot Lejay (S2A), le Bischoffsheimois a longtemps mené avant de les laisser filer. Principe de précaution, en 8’32”72 tout de même, à une semaine des championnats de France du 10 km sur route, derrière Helmer (8’20”21) et Lejay (8’25”69).
Parmi d’autres, Pierre Cottin (S2A), 4,80 m à la perche, Dylan Marquilie (EHA), 6,69 m à la longueur, et sa jeune coéquipière Kelly Jaecker (59”71 sur 400 m, 5,39 m à la longueur), ont contribué à démontrer qu’après tout, oui, ce premier tour valait bien la peine.
Rémy Sauer
Article de Rémy Sauer sur le premier tour des interclubs 2026 paru dans l'édition du lundi 04 mai 2026 des Dernières Nouvelles d'Alsace.